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Un Amour nommé Canon !

A1 était le nom de mon premier amour. Avec un copain photographe, qui travaillait pour différents journaux, j’écumais les salles de spectacle pour quelques clichés en noir et blanc. Ça devait être en 1979. Ce Canon m’avait couté la peau des fesses. Souvent dans la cave d’un théâtre, nous installions une chambre noire, dans une douche ou un vestiaire. Juste pour rapidement développer les pellicules et quelques photos. Avec le texte, qu’on nous donnait, l’un de nous fonça dans les rédactions pour remettre notre précieux acquis. En cas de disconvenance, retour sur scène pour réaliser un nouveau cliché. La pellicule était coupée d’avance à la longueur voulue, pour ne pas gaspiller. Mon ami travaillait alors avec Pentax. J’ai préféré Canon, car le A1 était neuf et cher. De plus je l’avais équipé d’une poigné additionnelle et d’un moteur. C’était une bombe, du matériel de pro. Le problème était de changer de pellicule. Travailler en 100 ou 400 ASA (on dit ISO maintenant), était crucial. Le plus simple était d’avoir un deuxième boitier. Donc l’achat d’un AE1 suivait très vite. Deux boitiers, de plus à la mode, ça faisait jalouser certains. Mais, un bon appareil ne fait pas un bon photographe. Je m’essayais à différentes expériences, mais le résultat était assez décevant. Un peu après l’achat de mon super matériel, le copain arrête la photo. Je ne sais pour quelle raison, il a accepté un travail de bucheron, mais il gagna sûrement mieux sa vie. N’étant pas photographe, tout juste un piètre amateur, je n’avais pas les contacts pour continuer.

À Pétange, j’ai rejoint le club photo. Je pensais qu’on allait m’enseigner la photo. Rien du tout. Donc, j’ai rejoint le comité du club. Toujours rien, on passait les vendredis soirs à coller des enveloppes. Désirant expérimenter avec du nouveau matériel, p .ex. des pellicules infrarouge, on m’envoya promener. Pourtant, un des membres du comité était spécialiste suivant ses dires. Il me proposait d’acheter du film et d’essayer. Je n’avais pas attendu qu’il me le propose. Mais, j’aurais aimé un échange d’expériences. Rien. Vint ensuite la cavalcade, toujours propice à de belles occasions de shooter. C’était en 1981. Johnny était de passage à Pétange. J’avais des tickets, et je n’ai pas assisté à son concert. Peut-être, trop entendu ou plus vraiment à la mode. Seulement une poigné de tickets ont été vendus. Peut-être, trop cher. Pour l’organisateur, le syndicat d’initiative, c’était le fiasco. Le président du syndicat, un maître d’école, était aussi président de notre club de photo. Alors, pour la cavalcade de l’année suivante, le thème était tout trouvé : un char avec Johnny. Pour la décoration d’une scène, le syndicat savait y faire. Mais, le Johnny ? Après maintes discussions, le comité l’a trouvé : moi !

C’était en mars 1982. Un copain m’a prêté son blouson en cuir et une guitare électrique. J’avais un micro relié à un poste radio. Par des baffles, la musique résonnait - un vrai concert. La musique était plutôt grinçante. Johnny n’avait pas rempli la salle. Sur plus de mille places, la moitié n'a pas été vendue. Lui-même disait qu’il y avait plus de monde sur le parking, que dans la salle. Donc, les tickets étaient trop chers. Le Johnny de la Cavalcade devait faire mieux. Pour me préparer, j’ai été maquillé à la cire pour souliers et d’autres artifices de tout genre. La météo était clémente, il faisait beau. Très beau même pour cette fin d’hiver. Sur ma scène, sur le char, la musique trônait. Dans mon micro je hurlais ce que je pouvais. Je mimais ou j’essayais du moins - le vrai artiste ! Des milliers de spectateurs s’étaient pressés tout au long du parcourt. J’avais le soleil en pleine gueule. D’où la chanson ! La cire me coulait le long des joues, sur le front et dans les yeux. Tout en criant, je distribuais des bonbons aux gosses. J’étais seul sur scène. Mes musiciens peints sur une toile derrière moi n’émettaient aucun bruit. Derrière notre char, une compagnie de majorettes avec quelques musiciens, jouaient de toutes autres mélodies, comme la danse des canards – du taratata. Bien vite, ces musiciens, venant de l’autre côté de la Moselle, m’ont proposé de soigner ma gorge avec leur schnaps. La chaleur, le bruit, le schnaps … un cocktail dynamite. J’étais en forme. Deux heures à faire le singe pour mon club photo. Sans, moi-même, pouvoir tirer un seul cliché. Heureusement, qu’un membre du club – le patron du magasin Beaulieu, dont j'ai oublié le nom - avait pensé à moi. Il m’a donné trois diapositives que j’ai perdues, mais il me reste un tirage souvenir. Arrivés au terme de ce défilé, nous étions invités à la commune par le maire. Dans la salle, à l’entrée de la mairie, je me suis retrouvé parmi tous ces artistes d’un jour. Le maire se faisait attendre. Alors, comme si je n’avais pas assez donné, on entendait de plus en plus fort : Johnny, une chanson, Johnny, une chanson ! C’était la folie. Mais, le schnaps m’a fait perdre la mémoire de ce qui s’est passé ensuite. Je sais juste que je suis rentré chez moi, pris une douche et changé de costume. J’habitais à deux pas de là. Après ça, je suis retourné dans les rues de Pétange et j’ai fait la tournée des bars et des cafés. Je me rappelle juste qu’un type m’a demandé qui j’étais. Il devait être encore plus bourré que moi. Je lui ai répondu, que j’étais Johnny. Ah, celui qui joue au tennis – me lance-t-il. Non, lui dis-je, celui qui chante …

Je n’ai pas vraiment compris pourquoi, mais après ce concert de fou, je n’ai guerre mis les pieds au club photo. On m’avait parlé d’une prime, genre une pizza gratuite, que je n’ai jamais goutée. J’avais même l’impression, que ma prestation n’avait pas plu au reste du comité. Déjà, ce même comité qui ne m’aidait guerre à apprendre la photographie, devait être scandalisé par ma folle prestation de rocker. De toute façon, mes études me prenaient de plus en plus de temps. Mes cours comme géomètre à l'Institut Emile Metz étaient plus importants que la photo. Donc mes Canon restaient souvent au fond du sac. De plus, mon paternel, étant absolument contre ma prestation de chanteur ou de clown, avait menacé de me virer de chez nous. Donc, le chapitre était clos.

Juste, que j’ai trouvé ça génial. Un gars timide comme moi, avoir braillé des heures devant un public de plusieurs milliers de personnes - un souvenir impérissable. À ce jour c’était, sauf une autre cabriole en Ukraine, mon plus délirant et sulfureux souvenir.

Comme déjà dit, durant mes études la photo est passée au second plan. J’ai néanmoins profité de mes stages pour tirer quelques clichés. Par exemple, un stage dans les galeries d’ARBED-Mines Françaises, m’a permis de faire un beau reportage. Mon Canon était aux limites, des heures durant dans l’atmosphère humide des galeries. Il s’intitulait « 200 mètres sous terre ». Le tout sur diapositives. Je l’ai encore et je vais un jour le scanner, ou mes filles le feront. J’ai des milliers de dias. Pas mal pour un second rang.

Puis, dans la même année 1982, ma vie change. Juste après mes études, je passe l’alliance à mon doigt. Après mes études, il était prévu que je parte pour la Libye - pour construire une école. Notre firme ARBED venait de construire un hôtel en Égypte et tout étais prévu que je m'envole pour une mission en Afrique. Donc, soit le mariage ou soit la Libye. Couille molle, j’ai choisi ce qu’il ne fallait pas faire. J’aurais pu étrenner convenablement mon matériel. Au lieu de ça je partais pour un voyage de noces aux îles Canaries. Je venais juste d’acheter un nouveau zoom grand-angle de chez Soligor. C’était le début de la fin. Ce nouvel objectif me semblait bizarre. Ce n’était pas qu’une impression. Après plusieurs films, j’ai remarqué qu’une lamelle du diaphragme s’était détachée. Cette lamelle, parfois, entravait la vue et le phénomène de diffraction dégradait la précision de l'image. M’ayant aperçu du problème, je n’ai plus utilisé cet objectif. Bien sûr, je n’ai vu le résultat qu’au retour des îles. Les images faites avec ce caillou étaient sans profondeur de champ et étaient ternes. On aurait dit que j’avais pris une photo d’une photo. Pour des diapositives, c’était le comble. Mais, il était trop tard.

Alors, sur un coup de tête, j’ai mis en vente tout mon matériel. J’ai bradé le tout pour la moitié de sa valeur. L’acheteur n’a même pas négocié. Il est reparti avec le tout et aussi avec ce foutu objectif. La garantie lui permettait de le faire réparer.

À vrai dire, j’avais eu une aventure avant mon premier amour. Je n’ose presque pas l’écrire ici. Mais il y a prescription. J’avais 18 ans, ma grand-mère avait payée à ma sœur et à moi un voyage à Paris. Lors de ce voyage, j’avais connu une jeune fille, Sonia. Avec mon Kodak d’alors, je l’ai bien sûr prise de nombreuses fois en photo. La jeune fille était accompagnée par sa mère et elle semblait ne rien avoir contre ce petit flirt. Sa maman nous avait d’ailleurs pris ensemble sur une image. Alors, l’excuse pour revoir Sonia était toute trouvée. À notre retour, je me devais de leur apporter le double des photos. Mon photographe, Schmit de Pétange allait s’occuper du développement des négatifs et des photos. Deux films avec l’amourette de ma vie. Et, là rien. Le photographe, ou le laboratoire, ne retrouve plus mes films. Mes deux films. Je pleurais comme un gamin chez lui dans le magasin. Il ne restait rien de mon voyage. Rien de ma Sonia. Dans cette boutique, j’y suis retourné des dizaines de fois. Jamais rien. Juste deux films de remplacement. Alors, un jour, la dernière fois que j’ai mis les pieds dans cette échoppe, le temps que Monsieur Schmit chercha encore une fois dans ses tiroirs, j’ai saisi un Minox qui était sur un présentoir. Il a sauté tout seul au fond de ma poche. Je me suis un peu fait justice moi-même. Mais, Sonia, je ne l’ai plus jamais revue. J’avais honte de ne pas lui apporter une seule image. Elle n’aurait pas compris. Le Minox est toujours chez moi en vitrine. Il fonctionne encore !

Après avoir vendu mes Canon A1 et AE1, je me suis acheté un appareil « sans marque », bon marché. Tout automatique. Même pour avancer et rembobiner la pellicule. Un jour, il s’est suicidé. Juste avant, la mère de mon épouse était chez nous pour Noël. Ce devait être son dernier Noël. Cette femme, que j’appréciais beaucoup, était très malade. Le cancer la rongeait. Dans son état, elle ne voulait pas être prise en photo. J’ai néanmoins réussi à la convaincre d’accepter une pose ou l’autre. Mais, dans le bruit et l’animation de la fête, je n’avais pas remarqué, que l’appareil avait rembobiné le film tout seul. Donc, on continuait à prendre des prises de vues jusqu’à ce, que je remarque, que la pellicule était depuis longtemps rembobinée. Comme toujours, on ne voit le résultat que quelques jours plus tard. Et là, rien toutes les photos dataient d’avant la fête. Aucune photo de Jeannine. Croyez-moi, l’appareil a laissé une belle trace dans le plâtre du mur ! Ma belle-mère ne s’est plus levée du lit jusqu’à son décès. Une très triste période dans ma vie.

Pentax était alors ma nouvelle marque. Un reflex avec deux objectifs. Je pense, que le tout fonctionne encore. Il est conservé dans sa boite d’origine. Je l’ai très peu utilisé. Après mes déboires précédents, la photo est passée au dernier rang. L’achat d’une maison, sa rénovation et les travaux ont englouti tout mon temps et mes économies. Juste après avoir vendu mes Canon, je me suis également séparé de ma chambre noire. Même l’agrandisseur et tout l’attirail nécessaire, que m’avait offert le service qui employait mon beau-frère Nico, je m’en suis séparé. J’en ai fait cadeau à un collège de travail, qui était très actif dans un club de photo. Dans ce club, il devait néanmoins faire double ou triple emploi. Dans la foulée, j’ai rejoint son Photo Club d’Esch. C’était en 1994. Mais, c’était plus pour faire partie d’un club, que pour faire des photos.

 

Peu après, on commence à parler de la photo digitale. Mon job de formateur en informatique m’avait rapproché des ordinateurs. C’était le début, et tout était passionnant. Avec mes collèges de travail, nous étions à l’affut de ces appareils « sans film ». Bricoleur, nous l’étions tous. Nous montions nous même nos ordinateurs. Des soirées, des nuits blanches pour configurer la bête. Les images numériques commençaient à montrer le bout du nez. Les appareils étaient hors de prix. Sauf que, certaines marques comme Casio proposaient des versions abordables. Ce fût mon premier numérique. La qualité était exécrable. Au club photo, on se moquait de moi. Jamais, la qualité ne pourra rivaliser avec ce qu’offre une pellicule, me disait-on. Il est vrai qu’une photo scannée était bien plus belle que celle de mon minable QV-10. Mais c’était le début. Avec les copains, nous avons « exploré » de nombreuses autres marques « abordables ». Ma préférence allait vers un petit Konica KD-400Z. Les images étaient déjà très belles. À la même période, mon mariage – un échec, est parti en vrille. Aucun lien avec la photo, donc je n’en parle pas.

 

Mon retour chez Canon se fait via un ami qui a épousé une femme ukrainienne. Cet ami, Jean-Pierre, n’a rien à voir avec la photo, mais sans le savoir, il me l’a fait faire réapprécier. Cherchant à sortir de chez moi, il m’invita souvent pour jouer aux cartes. Vu que son épouse, Olga voulait apprendre le français, c’était de belles soirées qu’on passait ensemble. Nous avions passé un pacte : j’aide Olga pour le français et elle m’apprend le russe. Tout allait bien, jusqu’à ce qu’ils me demandent de les aider à faire venir au Luxembourg deux amies ukrainiennes pour des vacances. Mon divorce, je le dois à leur venue. Il ne s’est rien passé, mais mon mariage à subi un KO. Jean-Pierre étant malade et pas en forme, me demanda de m’occuper à faire visiter le pays aux « filles ukrainiennes ». Deux jours, une à Luxembourg, puis un jour à Paris ont suffi pour me faire tourner la tête. L’une de filles, la plus jolie, m’a invité en Ukraine. Elle avait l’air simple et un peu timide. Donc, pourquoi pas ! Deux mois plus tard, je me retrouve à l’est avec mon Konica et un dictionnaire français-russe. On m’avait conseillé de ne pas prendre un appareil trop couteux. Les douaniers n’aimeraient pas trop. Mais, c’était faux. Les gardes-frontière ne s’intéressent pas à ces trucs électroniques. Seulement l’argent les intéressait. Aussi, ils étaient plus intéressés par la photo de la nana, que j’avais collée sur le tableau de bord, et par l’adresse où je devais loger. Aucun lien avec la photo, donc je n’en parle pas. J’ai passé une belle semaine en Ukraine, mais les photos d’avec mon KD-400Z sont juste bonnes pour un petit souvenir. C’est d’ailleurs tout ce qu’il me reste de cette fille. Au fond, c’était une pétasse, plein de fric qui travaillait chez les flics. Elle attendait un prince, que je n’étais pas. Mais, après tout, c’était une belle semaine à découvrir et à tomber amoureux du pays. Alla, je ne l’ai plus jamais revue. À mon retour, en discutant avec des amis informaticiens, l’un d’eux me dit qu’il veut revendre son Canon digital. C’était d’après lui, le meilleur appareil du monde – et même de l’univers. Un Canon 300D, que j’ai toujours. Avec deux objectifs, il m’a couté une fortune. Mais, c’était une bonne occasion, dans tous les sens du terme. Enfin, je reprends pied en photographie. Juste le temps de faire quelques essais, concluants, et je repars en Ukraine. Une vraie aventure. Une Aventure, avec un grand A. C’était le premier reflex payable existant, le premier réflex numérique « grand public ». Et je l’avais. Un Canon ! Retour aux sources.

Rien à voir avec la photographie, mais en 2005 lors d’un de mes voyages en Ukraine j’ai connu la plus merveilleuse des filles, Sveta. Je l’ai épousé en 2006 à Kovel et nous avons deux magnifiques filles Solomiya née en 2006 et Irma née en 2008. Elles sont ma raison d’être. Je suis fier de les avoir photographiées des milliers de fois. Même avec un lien avec la photo, je n’en parlerai pas ici.

Bien sûr, il fallait réapprendre la photographie. Après une si longue absence, je devais retrouver mes marques. Mais combiné à mes envies informatiques, c’était le début d’une nouvelle ère. Vite fait, le firmware du 300D était remplacé par le firmware du semi-pro 10D. Ce bidouillage était rendu possible par des bricoleurs russes ! Ces soviets ont leur nez dans toutes les magouilles.

Mais, le plus dur était de faire une photo convenable. Le Canon 300D permettait de tirer des rafales dans un rythme convenable. Alors, j’oubliais de faire une belle photo. J’ai mis un peu de temps à refaire une photo « montrable ». Cet appareil m’a accompagné longtemps. Jusqu’à sa chute. Jusqu’à ma chute, mémorable. À Arcachon en été 2008, au bord de la plage, sur une allée en bois, je me suis étalé grave avec mon Canon. Il est tombé sur la tête et moi aussi. J’avais mal et lui aussi. Toute l’électronique avait pris un coup, seul le mode manuel fonctionne encore. Une réparation reviendrait au prix d’un nouvel appareil.

Ce nouveau se devait être un Canon, bien sûr. Le 450D utilisait les mêmes objectifs et les mêmes accessoires que le 300D. Je crois que c’était la raison première pour rester chez Canon. Juste avant cette chute, j’avais acheté un zoom 70-300 en Pologne. C’est le seul appareil Canon que j’ai acheté neuf. Sauf bien sûr mon A1 en 1979. Ce 450D faisait plaisir. Petit et léger, résistant à toutes les épreuves. Il a vu grandir mes filles et il reste toujours actif pour les fêtes de famille. Un compagnon fidèle. Au réel, il ne vaut plus un sou, mais il est toujours prêt et chargé dans un coin du salon.

L’appétit vient en mangeant ! Pour continuer à évoluer, début 2010, je me suis assez rapidement tourné vers un capteur en format 24x36, un Canon 5D d’occasion. En janvier 2013, le malheureux s’est noyé en Bretagne. Moi, presque aussi. Ce fût lors des grandes marées, au bord d’une falaise, les pompiers dans mon dos, je profitais du spectacle. Une énorme vague m’a surpris et m’a trempé jusqu’à l’os ou jusqu'au slip. Le 5D n’a pas survécu. Mon 5D mark II, acheté peu avant n’a pas subi de dégâts. Même après séchage et après des soins complets, le patient 5D n’a pas pu être réanimé. Il trône maintenant dans ma vitrine aux côtés d’un A1 que j’avais acheté sur ebay. Juste pour la décoration. D’ailleurs ebay allait bientôt devenir un de mes principaux fournisseurs.

Début 2011, je m’achète un Canon 50D. Il devait à la base remplacer mon 450D. De fait de son plus petit capteur APS-C, les objectifs tiraient plus près. Donc, il était complémentaire à mon 5D. De plus il utilisait les mêmes accus que le 300D et le 5D. C’est pratique en déplacement. J’ai toujours cet appareil, comme neuf et emballé !

Le Canon 5D mark II, est symbolique. Mon oncle Guy en avait un, acheté neuf. À l’époque, trop cher pour moi. Guy était technicien et réparateur chez Steichen. Tout le matériel photo du Grand-Duché était réparé dans ces ateliers. C’était avant la période digitale. On y retapait encore de vrais appareils photo - pas des jouets. La venue du numérique coïncidait avec le départ à la retraite de mon oncle et avec l’arrêt des activités de l’atelier Steichen. Dommage ! J’avais demandé à Guy, qu’en cas de vente de son boitier, de me le signaler. Il changeait assez souvent de matériel et il était super soigneux. Malheureusement, il l’a revendu au magasin CK sans rien me dire. J’ai ainsi loupé une bonne occasion. En été 2012, ce même magasin m’a alors vendu un autre appareil. En rentrant chez moi, et après contrôle du nombre de clics, il s’est avéré, que j’avais été fortement trompé. Heureusement, juste avant scandale, ils m’ont échangé le 5D mark II. Cet appareil vit encore très bien après presque 100000 clics. Un jour, je vais le remplacer par un plus neuf.

À la recherche d’un 1D mark IV, en février 2013, je tombe sur un 1DS mark III vendu par un studio photo. Cet appareil était quasiment neuf avec ses 5000 clics. Il est devenu mien. Il possède le même capteur que le 5D mark II, mais il est mieux construit. Je ne l’utilise que rarement. Avec seulement 60000 clics à son compteur, il est toujours comme neuf.

Puis, aussi en février 2013, l’arnaque. La super-arnaque ! Comme déjà dit, ebay était un de mes gros fournisseurs pour tout ce qui est accessoire photo. Même beaucoup d’objectifs proviennent de cette plate-forme. Désirant me faire plaisir et désirant essayer toutes sortes de cailloux, je cherchais la bonne occase sur ebay. Je n’ai jamais été déçu. De temps en temps une bricole venant d’Asie n’arrivait pas à destination, mais c’était rare et jamais de valeur. Là, fin février, je tombe sur une bonne occasion de mon appareil de rêve : un Canon 1D mark IV. De plus avec un objectif 50 mm ouverture 1.2 ! Sveta était parti en Ukraine pour régler un petit souci financier dans la famille. Elle me contacte et me signale qu’il reste des dollars, et qu’il reste du solde sur le budget prévu. Super, il reste 3.000.- dollars, de quoi me payer mon rêve. Alors, je tente le coup et j’achète ce 1D Mark IV. Je ne vais pas raconter l’histoire entière, mais juste, que j’ai payé l’appareil et je ne l’ai jamais reçu. Le compte était en Angleterre et l’appareil venait d’Alsace. Je me suis fait rouler, comme un débutant. Impossible de retrouver le vendeur. Malgré qu’il ait d’autres objets du même calibre en vente, la police n’a pas su le retrouver. Il ouvrait des comptes et vendait des jouets pour enfants. Ce qui lui donna de bonnes notifications. Dans le lot, il insérait un appareil photo entre 2000.- et 3000.- Euros. Dès la vente de ce dernier, il fermait son compte. Il avait ouvert plusieurs comptes dans le même genre. J’ai porté plainte via la police et même via Europol, sans succès jusqu’à ce jour. Que cet escroc soit heureux avec mon pognon, et, que son âme brûle une éternité en enfer ! Il faut dire que ça m’a refroidi et je n’ai plus rien acheté sur ebay. Les seuls objets restés affichés sur mon compte étaient ceux de cet escroc, trouvés par moi et mes amis. Le tout avait été légué à la police mais sans résultat. En comptant bien ce que j’avais acheté avant sur ebay, j’en suis sorti gagnant. Toutes ces bricoles « pas cher » trainent dans des tiroirs, je ne sais rien en faire. Mais, on ne sait jamais.     

Ceci soit dit, cette mésaventure ne m’empêcha pas de faire une photo de moins … et, comme dirait mon ami Georges, ça ne tombe pas sur un pauvre !

Fin 2015, pour Saint Nicolas, je me suis enfin payé mon tant désiré Canon 1D mark IV. Chez Mirgain à Luxembourg, j’ai acquis l’appareil d’un toubib. Il était comme neuf avec environ 7000 clics au compteur. Avec lui, je me suis payé aussi un 35mm 1.4 en L. Ce 1D est une véritable kalachnikov. La qualité d’image ne vaut pas le 5D mark II ou le 1DS, mais son utilisation est impressionnante de facilité. De plus, son accu, comme celui du 1DS permet de faire facilement plus de 2000 prises. Ce 1D mark IV devait être mon ultime folie. Car, je n’ai plus de place dans les armoires pour fourrer tout ce matériel. Et, plus de sous non plus !

Mais, j’ai un gros souci. Mes filles apprennent la musique et la danse classique au conservatoire. Désirant faire des photos de leurs représentations, mes Canon sont trop bruyants. Le clic-clac se fait trop entendre. Mon ami Christian, celui qui m’avait jadis vendu son 300D, est passé depuis belle lurette chez Sony. J’envie son Alpha 7R mark II. Il peut être totalement silencieux. Alors, début 2018, Canon va me le pardonner, je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter aussi un Sony. D’occasion bien sûr. Via une bague d’adaptation, je profite de tous mes objectifs Canon. La qualité d’image du Sony ILCE-7RM2 est ahurissante. Malheureusement, ses accus ne tiennent pas longtemps. Dans le meilleur des cas, un peu plus de 200 clichés. De plus, je n’arrive pas à m’habituer aux différents réglages. Le viseur électronique fonctionne bien en lumière « normale », mais au grand soleil il ne vaut pas un bon pentaprisme. Dans la pénombre ou la nuit, son viseur « éclaircit » tout. Ce n’est pas naturel. Mais, dans une salle de concert, il est bluffant. Dans les endroits interdits de photo, je peux me permettre de déclencher sans être remarqué. Ça vaut le prix que j’ai payé pour ce boitier. Je considère mes Canon comme mon grand amour et ce Sony comme ma maitresse.

Mais, mes Canon ne sont pas encore prêts à partir à la retraite. J'ai rêvé d’une ultime version reflex Canon. C'est un 5D mark IV. Et, pour conclure, j’ai rejoint le club photo de Differdange dans lequel j’espère devenir un peu plus actif …

Et, ce Canon 5D mark IV est mien. Que l'aventure continue!

Pour info: l'expérience avec le tout digital du Sony m'a refroidi et je ne suis pas encore prêt pour passer au Canon R. C'est un peu comme pour les bagnoles, je préfère de loin un bon "combustible" au silence électrique. Aucun lien avec la photo, donc je n’en parle pas non-plus.

Un petit mémoire de Syl'20

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